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Auteurs et illustrateurs du monde !

Voici donc le blog commun des auteurs et illustrateurs du monde.

Ce blog est pour les auteurs et les illustrateurs qui n'ont ni blog, ni site et qui ne peuvent pas ou ne veulent pas en administrer un, mais qui veulent avoir une vitrine pour exposer leur oeuvres.

Envoyez-moi votre oeuvre, un titre et votre nom ou pseudo et je mets le tout en ligne !

A vos crayons...

Lundi 13 novembre 2006
 

Roger Leskon




Du temps où ce penchement de tête sur le côté n'était pas si répandu, cet épanchement dans le téléphone portable, il y avait un homme, un précurseur, qui écoutait sa radio à pile.

Il s'appelait Roger et il vaticinait à Lesconil.Il avait la tête inclinée vers l'épaule droite, le sourcil gauche légèrement relevé.


Beaucoup l'ont croisé,du temps où l'on marchait encore. Il était poli, lui ; il répondait toujours à un bonjour même si l'émission le passionnait.

Je ne suis pas sûr – à écrire vrai- qu'il écoutait réellement quoi que ce fût. C'était plutôt une compagnie, sa radio.


Quand on le saluait, il décollait son oreille du poste, roulait vaguement des yeux, et y allait d'un salut aimable en dévoilant une rangée incomplète de quenottes réparées et jaunies.

Il suivait alors inexorablement la personne des yeux,comme s'il voulait prolonger la conversation, comme si cela allait trop vite pour lui.Mais il ne voyait que le dos de son interlocuteur trop bien éduqué pour se retourner.


Il faisait toujours le même parcours : côté droit de la rue Marcel Cachin, arrêt au stop, tour sur lui-même, traversée de la route des plages, descente par la rue du commandant Charcot, remontée vers le port et crochet à gauche via le steir, la ria,passage entre le bistrot de Marie-Cécile qui sert le meilleur « Diboular » du bled et la digue,et, enfin, arrivée au port de pêche .


Roger se plaisait à ruser sur les quais vers onze heures, quand les petits bateaux côtiers débarquent leurs caisses jaunes.


D'aucuns prétendaient qu'il était un peu dérangé- peut-être la guerre...

En tout cas, il était poli, gentil et sympathique avec pour seule amie, sa radio.

Par Barbouille & Pinceau - Publié dans : Auteurs
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Mardi 31 octobre 2006
Voici une auteur, Vive !


Bon, voici venu le moment de bouger, je vois que les illustrateurs ont posté aujourd’hui leurs illustrations....

Voici donc mes textes, pour que les illustrateurs, à leur tour, voient mon travail...

J’avais posté un texte sur le portail de Ricochet. Il s’agissait de La dame de la forêt, dont voici le début :


Ce matin-là, Perrin-Jean-André-Pierre-et-Paul-Aux-grandes-Oreilles-Du-Petit-Nez, plus simplement appelé Petit Lutin Perrin avait revêtu son bel habit de fête, d’une jolie couleur glace à la vanille et framboise. Il sortit de chez lui de bien belle humeur et entreprit un long voyage à travers la forêt.

En chemin, une petite voix l’appela:

- Où vas-tu si matin, petit lutin ?

Perrin regarda de tous côtés pour trouver d’où provenait cette petite voix flûtée.

- Je suis là ! Sur ton épaule ! siffla la voix.

Il découvrit un papillon couleur tarte au citron meringuée. Ce papillon complétait à merveille son costume, il aimerait bien le voir rester là, pour l’harmonie des couleurs. Il pépia :

- Je vais voir mon amie, la grande dame de la forêt.

- Je ne te crois pas ! Tu es bien trop petit et bien trop laid pour être l’ami de la grande dame de la forêt ! Tu veux te rendre intéressant, voilà tout !

Perrin sentit le rouge lui monter aux joues. De honte, un peu, de colère, beaucoup.

- Trop petit ?!... Trop laid !.... Papillon de malh....

Il chassa le papillon de son épaule. Tant pis pour l’harmonie des couleurs, de plus, Perrin était rouge-fraise-bien-mûre. Il grinça :

- Viens avec moi, tu verras bien si je mens !

- Je veux bien battre des œufs tous les jours de ma vie si TOI, tu es l’ami de la belle dame aux cheveux blonds !

- D’accord. Accompagne-moi et tu verras !

En cheminant, Perrin, rancunier, se taisait, ruminait sa colère. L’autre voletait en cherchant dans sa petite tête de papillon comment casser un silence si pesant. Tout

à coup, il remua les antennes en chantonnant :

- Mais j’y pense !... Je me présente : Camiloutudinof de Rocheplombièrovitch.

Tu peux m’appeler Camilou, c’est plus simple. Soyons amis, veux-tu ?

Sans un mot, Perrin allongea le pas, obligeant Camilou à voler de toute la force de ses petites ailes. Peu après, le papillon, épuisé, souffla :

- Je suis fatigué, lutin Perrin ! Reposons nous ! S’il te plait !....

Perrin était rancunier, pas méchant.

- D’accord ! Arrêtons-nous à l’ombre de ce chêne !

Avec un soupir, Camilou s’assit avec soulagement sur une pierre Celle-ci se mit à trembler. Camilou, surpris, hurla de terreur.

- Qu’as-tu à crier ainsi, Camilou-je-sais-tout !

- Ça bouge !... C’est un... trem..trem....ble..e....ment...de terre !

Perrin se mit à rire :

- C’est une coquille, pas une pierre !

Et il rit plus fort, heureux de pouvoir se moquer à son tour:

-Regarde ! Il a deux antennes, mais il est d’une triste couleur réglisse, quel dommage ! Comment t’appelles-tu, l’escargot ?

De sa belle voix caverneuse, il fredonna :

- Alfrétudinal de Bourguignac, pour vous servir ! Mes amis m’appellent Alfret, c’est bien plus sympathique.

Perrin répondit :

- Décidément, c’est une manie, dans cette forêt, les noms à rallonge !



Il se tut bien vite, car il songea à son véritable nom. Mais il n’en souffla mot . Alfret gargouilla :

- Où allez-vous ? Personne, jamais, ne passe par là ! (...)

Viviane Faudi-Khourdifi , La dame de la forêt (Vive)


Et puis en voici un autre le Royaume de Sanzesse. Celui-ci est paru dans une revue canadienne du nom de Bilboquet. Pour ceux qui suivent le forum, nous en avons parlé avec Catibou, elle avait eu, elle aussi un texte sélectionné. Le début :


Au royaume de Sanzesse, on ne pouvait ni dire, ni faire ce que l’on voulait. Le roi Polochon était très gentil, mais la reine Marguerite, sa femme était affligée d’un défaut de prononciation : elle zozotait. Alors elle avait interdit, dans tout le pays, les mots contenant les sons « s »,  « ch »,  « j » et même « z ».

Une loi fut promulguée dans le pays. On informa toute la population que quiconque prononcerait un mot contenant ces sons se verrait punir très sévèrement.

Quand on se promenait dans la rue et que l’on voyait un beau petit enfant, on ne devait plus dire : « Oh, le joli garçon ! » (que la reine aurait dû dire :oh ! le zoli garsson !) mais : « Oh , le bel enfant ! » De même, le roi ne se faisait plus appeler Polochon, mais Polo. Lorsqu’il arrivait à la cour d’un autre roi, les gens disaient : « Tiens, voilà Polo, qui n’a plus droit au « chon » ! » Il en rougissait de honte, le pauvre.

C’était très difissi…euh, … compliqué car des « s », des « ch », des « j » et des « z », on en trouve un peu partout.

Les enfants s’appelaient Marion, Noé, Emilie ou Adrien, mais surtout pas Zulien, Yassmine ni, horreur ! Zusstine ou Ssarah !

Le roi avait tout essayé pour guérir sa femme. Il lui avait assuré qu’il trouvait très mignonne sa façon de parler, qu’elle faisait son charme. Voyant qu’elle ne le croyait pas, il fit venir les médecins du royaume. Le premier médecin qui vint au chevet de la reine se prénommait Suzan. Le roi lui dit aussitôt de ne pas l’avouer à sa femme. On le présenta donc sous son nom de famille : Docteur Tibiotic. Il voulait prescrire à la reine un sirop, une tisane et des cachets multicolores, en lui disant :

- Vous prendrez un de ces cach…

- Comment ?hurla la reine. Comment pouvez-vous vous permettre de dire un mot interdit ?

- Madame, nous voulions dire…un comprimé ! Oui, voilà : un comprimé, matin, midi…

- Trop tard, le mal est fait ! Dehors

Et on le fit sortir.

Le deuxième médecin fut encore plus vite renvoyé. Il se présenta :

- Sire, mes hommages. Si sa majesté le souhaite…

- Dehors !! hurla-t-elle.

Il eut à peine le temps de récupérer son sac et ses potions qu’il se retrouva sur le trottoir, en réalisant qu’il n’avait prononcé que des mots contenant des sons interdits.

Les autres médecins se gardèrent bien de venir visiter cette malade qui les jetait à la rue comme des malpropres.

Le roi désespérait. Il était de plus en plus triste car Marguerite lui rendait la vie bien pénible. Son amie la fée Orthophonia, ne reçut pas un meilleur accueil. La reine, furieuse refusa de la voir en disant :

-  Nous nous trouvons très bien. Les fées qui n’aiment pas notre mode de vie peuvent bien aller au diable ! 

Et la fée dut repartir sans avoir vu la reine : elle ne pouvait rien faire pour elle sans son consentement.

Dans le pays on parlait peu, car tout le monde avait peur d’utiliser un mot interdit.

Cependant, dans une maison isolée, vivait une pauvre femme. Elle vivait si seule, si loin de tout et de tous qu’elle n’avait jamais entendu parler de la reine et de la loi des « s ». Elle avait deux filles prénommées Suzie et Anastasie. Elles apprirent à parler normalement et jouaient tout le jour avec insouciance.(...)

Viviane Faudi-Khourdifi, Le royaume de Sanzesse



Allez, un petit dernier pour la route ! Pour ceux qui ont tenu le coup jusqu’ici, j’écris aussi pour les adultes. Voici maintenant le début d’une nouvelle qui s’intitule Omathilde.


Assise dans sa cuisine, Mathilde buvait son thé en silence. Un peu d ‘eau avait goutté sur la table. Son doigt suivait machinalement le contour des fleurs de la toile cirée. Elle s’imaginait une vie pleine du rire des enfants de son Martin, devenu un homme. Le sourire ridé de son Hector.

Sur la table, le journal. Un article en pages intérieures : Marguerite et Gérard : « Des époux en or ! Entourés de leurs cinq enfants et de leurs quinze petits enfants… » Elle n’eut pas le courage d’aller plus loin. Une pluie fine coula sur sa joue flétrie. Pourquoi la vie était-elle si injuste ? Elle se souvenait de ses promenades avec son amie Marguerite, quand elles étaient adolescentes. Elles avaient les mêmes rêves. Les mêmes attentes… D’un revers de sa main parcheminée elle balaya la rondelle de thé sur la table.

Mais Mathilde n’était pas amère. Elle l’aimait cette vie qui ne lui avait pas fait de cadeau. Elle aimait…Les poules. Les lapins. Même le coq d’Henri. Les parties de belote. L’odeur des roses. La senteur âcre de la terre chaude après l’averse. Les plaisanteries du gros pharmacien. Le goût du pain qui sort du four. La gelée de mûres qui prend dans la verrine… Des petits bonheurs…

Elle fixa les deux cachets à côté de sa tasse. Un rose, tout rond et brillant. Un blanc, oblong. Il avait pris l’apparence inoffensive d’un bête cachet d’aspirine. Mais Mathilde ne s’y trompait pas : ces deux ennemis la précipiteraient dans la sénilité précoce. Elle n’y voyait plus très bien, mais elle avait tout de même assez de vue pour lire la notice. Tous ces noms à rallonge ne lui disaient rien qui vaille. Aussi, allèrent-ils rejoindre les autres pilules colorées dans une vieille chaussette. Elle gloussa : D’autres gardent leur argent, dans leur bas de laine, moi, c’est les remèdes de toutes les couleurs, ça me rappelle les confettis de mon enfance ! Finalement, elle commençait à avoir une belle collection. Dommage que je ne puisse pas faire des échanges avec Henri, j’ai beaucoup de doubles … Mais lui, il les mange, ce vieux bêta ! Enfin… chacun voit midi à son portail, n’est-ce pas ?

Henri, son voisin, venait une ou deux fois par semaine pour « taper la belote ». Ils buvaient ensemble leur petit Porto accompagné d’une rondelle de citron et de glaçons.

Comme disait toujours Mathilde : c’est le petit Jésus en caleçon de velours ! Mais la dernière fois, elle s’était étonnée que le niveau de la bouteille ait tant baissé.

Jean-Philippe, son neveu, lui avait bien recommandé de prendre ses cachets « sans faute » et elle avait promis. A son âge, elle pouvait bien se permettre un petit mensonge de temps en temps. Depuis plusieurs jours déjà, elle entendait des pas et des voix.


Bon, voilà un petit tour de piste. Pour ceux qui auraient tout lu jusqu’ici et qui aimeraient avoir les textes en entier, je les leur enverrai, il suffira de passer par mon profil, sur le forum Ricochet, c’est avec plaisir que je vous communiquerai la suite  !!

A bientôt !

Viviane Faudi-Khourdifi (Vive)


Par Barbouille & Pinceau - Publié dans : Auteurs
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Lundi 9 octobre 2006

Mon nom : ZANON (Didier)

Mon surnom : fanfan

 

Un texte : voir "Une porte pas comme les autres" (conte) en fichier joint ou "Un canari s'est échappé"(album) sur ricochet, le lien direct étant : http://www.ricochet-jeunes.org/jeunesauteurs/zanon.pdf

 

 

 

 

 

Ce conte moderne pour enfants est paru suite à un concours dans le recueil Les nouveaux Andersen , ouvrage collectif gratuit sous la direction de l’association « Les amis du livre » (Village du livre de Fontenoy-La-Joute). Ce texte cherche toujours un éditeur, ou éventuellement un illustrateur…

 

 

Nombre de signes : 13102

 

 

 

 

 

 

 

 

Une porte pas comme les autres

 

 

 

 

            Un jour, la voiture miniature de Yanis butte dans une porte qu’il n’a jamais remarquée. Il se retourne alors vers sa maman qui balaye le couloir et lui demande :

            — Maman, c’est quoi cette porte ?

            — Ah oui, tiens, il y a une porte, s’étonne sa maman.

            — Tu ne l’as jamais ouverte, cette porte, maman ?

            — L’ouvrir ? Pour quoi faire, voyons ?

            — Mais maman, pour voir ce qu’il y a derrière.

            — Mais c’est tout vu. Ce n’est pas la peine : nous avons la porte d’entrée, la porte de la cuisine et de la salle à manger, les portes des chambres, la porte de la salle de bain, la porte des toilettes et la porte du placard. Il ne nous manque aucune porte. Celle-ci n’est d’aucune utilité. Oublie-là, c’est tout.

            Toute la journée Yanis essaye de ne plus penser à la porte, mais il y pense de plus en plus au lieu de l’oublier. Il va voir sa maman qui prépare le dîner.

            — Maman, est-ce que la porte qui ne sert à rien est fermée à clef ?

            — Je ne sais pas, je n’ai jamais essayé de l’ouvrir.

            — Et si elle n’était pas fermée à clef ? s’écrie Yanis, pensant communiquer son enthousiasme à sa maman.

            — Eh bien, ça ne changerait rien puisqu’on ne l’ouvrirait pas de toute façon, conclut la maman de Yanis.

            Décidément, cette porte n’intéresse pas sa maman. Il se dit que son papa pourra peut-être lui en dire plus et il l’attend avec impatience. Son papa rentre toujours tard le soir car il est pris par son travail. Quand il arrive enfin ce soir-là, il sort de sa mallette des papiers qu’il gribouille une partie de la soirée. Yanis lui demande en désignant la porte :

            — Papa, tu sais ce qu’il y a derrière cette porte ?

            — Non, et je préfère ne pas le savoir. J’ai beaucoup trop de travail pour m’amuser à ouvrir des portes.

            — Papa, est-ce que tu vas encore à l’école ? demande Yanis.

            — Bien sûr que non, voyons.

            — Alors, pourquoi est-ce que tu as des devoirs à faire à la maison ?

            Son père se gratte la tête, très embarrassé.

            — Euh... c’est comme ça. Je ne peux pas faire autrement.

            — Papa, tu devrais trouver un travail qui te laisse du temps pour t’amuser.

            — Tu as raison, je te promets d’y réfléchir, dit son papa avec un sourire grave.

            Yanis comprend qu’il se retrouve seul devant son problème de porte et qu’il va devoir agir seul.

            Le lendemain, tandis que sa maman est partie pendre du linge au fond du jardin et qu’il s’ennuie tout seul à la maison, il s’avance vers la porte et pose doucement sa petite main sur la clenche. Puis il commence à appuyer, et l’idée qu’il peut y avoir derrière un énorme lion lui traverse un instant l’esprit. Il tourne quand même la poignée et ouvre tout grand la porte. Et là, catastrophe ! Il se retrouve nez à nez avec un lion deux fois plus grand que lui. Le lion rugit et fait trembler toute la maison. Yanis a très peur, il dit : “Excusez-moi, mais je ne pensais pas me retrouver dans la savane” et referme la porte sans attendre la réponse du lion.

            Yanis se dit que c’est d’avoir pensé trop fort à un lion qui a attiré celui-ci. Il se dit qu’il aurait dû penser à un petit chaton. Mais maintenant, c’est trop tard... et avec ce lion derrière la porte, plus question d’ouvrir.

            Yanis a alors l’idée de coller son oreille contre la porte pour vérifier si le lion est toujours là. Il entend alors “miaou, miaou”. Tiens, le lion serait donc parti et, à la place, il y aurait... il ouvre la porte... oui ! c’est bien ce qu’il pensait, il y a un joli petit chat. Yanis le caresse, son pelage est aussi doux... que celui d’un lion !

            Yanis commence à comprendre comment cette porte fonctionne.

            Alors il se concentre très fort et imagine un petit être trop drôle, avec une tête montée sur pivot et deux visages. Un de chaque côté de la tête. Un visage sera rouge et spécialiste en bêtises de toutes sortes, et l’autre tout pâle et spécialiste en prudence. Pour le reste, un corps en accordéon et des ressorts en guise de jambes et de bras.

            Il ouvre de nouveau la porte et le personnage qu’il a imaginé fait son entrée...

            Les jambes et les bras partent de tous les côtés à la fois et la tête semble faire oui et non en même temps.

            — Bonjour Yanis, dit le premier visage, qui est rouge de malice. Je me présente : Monsieur Bêtise, euh... tu as des jouets qui cassent ? Tu connais chamboule-tout ? Tu... 

            Mais la tête tourne brusquement sur elle-même sans lui laisser le temps de terminer sa phrase.

            — Doucement, il ne faut pas l’effrayer, dit le deuxième visage, plus pâle qu’un tas de farine. Bonjour Yanis, je me présente : Monsieur Prudence, euh... tu sais qu’on peut se coincer les doigts en refermant une porte sans faire attention ?

            La tête pivote de nouveau et Monsieur Bêtise reprend la parole  :

    Bien sûr qu’il sait ça, c’est un grand garçon… Attends voir : tu as ton

permis de conduire ? une voiture ? tu connais la route du parc d’attraction le plus proche ? Allez, en route !

            Yanis n’a pas le temps de répondre que déjà la tête tourne, et c’est Monsieur Prudence qui répond à sa place :

            — Mais non voyons, il n’a pas encore le permis de conduire, et à son âge, on ne sort pas de la maison tout seul, surtout quand on a une porte magique chez soi.

            — Oh, toi, tu imagines toujours le pire, rétorque Monsieur Bêtise, si on t’écoutait, on ne ferait que regarder ses doigts de pieds.

            Cette remarque glacée fait boule de neige... et c’est l’avalanche :

            — Et toi alors, se défend Monsieur Prudence, tu ne vois que ton plaisir, sans penser aux conséquences.

            — Peut-être, mais moi au moins, je m’amuse.

            — Je m’amuserais bien aussi si je ne passais pas mon temps à te surveiller.

            Placés de chaque côté de la tête, les deux visages ne peuvent pas se voir mais chacun imagine assez bien la tête que l’autre doit avoir...

            — Craintif comme tu es, tu dois avoir des yeux ronds d’ahuri, renchérit Monsieur Bêtise.

            — Peut-être, admet Monsieur Prudence, mais toi, tu as certainement un sourire de diablotin.

            À cela, Monsieur Bêtise répond :

            — Tu mériterais que je te botte le derrière, mais c’est aussi le mien, alors non.

            — Tu mériterais un bon coup de bâton sur la tête, rétorque Monsieur Prudence, mais c’est aussi la mienne, alors non... mais c’est dommage.

            Durant cette dispute, le bizarre jouet vivant se dandine dans tous les sens, agité par tous ses ressorts et, par moment, sa tête à deux visages tourne comme une toupie et tous les mots se mélangent. La vie à deux dans un même corps n’est pas toujours simple.

            Yanis décide alors de prendre les choses en main :

            — Bon, puisque je vous ai imaginé, c’est moi qui commande, non ?

            — Eh bien, pour cette fois d’accord, dit Monsieur Bêtise en faisant la moue.

            — Bien sûr, dit Monsieur Prudence tout réjoui, c’est toi le grand maître de l’imaginaire, sans toi, on existerait même pas. Ordonne donc, petit maître...

            Monsieur Prudence fait alors une révérence en penchant sa tête vers le sol et, du coup, Monsieur Bêtise se retrouve à regarder le plafond. 

            — Tout d’abord, reprend Yanis, arrêtez de vous disputer, vous me faites penser à des adultes...

            — Tu as bien raison, dit Monsieur Prudence, nous nous sommes montrés ridicules. N’est-ce pas Bêtise ?

            — Oui, c’est vrai, je t’ai trouvé ridicule.

            — Tu entends ça, Yanis, il me taquine sans cesse parce qu’il sait que je suis plus savant que lui et ...

            — Tatata tatata et ratata, interrompt Monsieur Bêtise qui n’aime pas la vérité.

            — Vous êtes faits pour vous disputer ou quoi ? demande Yanis.

            — Euh, en fait, on est fait pour jouer, oui jouer. On ne fait rien de mal, tu comprends, dit Monsieur Prudence.

            — Il a raison, dit Monsieur Bêtise, on joue à tous les jeux, jusqu’à épuisement. Alors on dort et on rêve à des jeux encore plus fous.

            — C’est vrai, dit Monsieur Prudence, le jeu est notre raison d’être, et il ajoute comme une confidence : le jeu est la sagesse des enfants.

            Le visage de Monsieur Bêtise apparaît soudain :

            — Moi, personnellement, je m’ennuie avec les enfants sages... je suis un turbulant, je turbule, je turbule et tourneboule. Et parfois, je perds la boule...

            Et disant cela, la marionnette vivante se met à sauter et à rebondir sur ses jambes en ressort avec des “dzoing” et des “dzuing” d’horloge déglinguée...

            — Il veut dire... qu’il perd... facilement la tête, précise Monsieur Prudence entre deux bonds.

            Mais Yanis est devenu songeur :

            — Mon papa, lui, n’a jamais le temps de jouer avec moi.

            — Tu n’as qu’à lui faire ouvrir la Porte, dit Monsieur Bêtise qui s’est un peu calmé. 

            — Il ne voudra jamais, il n’a pas le temps, avec tout le travail qu’il a à faire.

            — Tu n’as qu’à cacher sa mallette et lui dire qu’elle est derrière la Porte, et il l’ouvrira, et oh, oh, la surprise.

            — Tu penses au lion ? demande Yanis, en écarquillant les yeux.

            — Tu sais, dit Monsieur Prudence, tous les gens n’imaginent pas les mêmes choses que toi, mais même s’il pense à une souris ce sera déjà un bon début.

            — Alors le jeu, ça vient, dit Bêtise, j’ai les ressorts qui s’impatientent, moi.

            — J’ai une idée, on va jouer aux petits soldats, dit Yanis en pointant son doigt sur la marionnette qui n’est pas plus grande que lui.

            Et il poursuit :

            — On va faire trois équipes. Chaque équipe installe des petits soldats dans un coin et on tire dessus avec mon fusil à fléchettes.

            — Oh, oh, bien imaginé ! s’écrie Monsieur Bêtise, il faut être un enfant pour inventer des choses pareilles.

            — On peut jouer à la guerre pour de rire, mais la vraie guerre ne fait rire personne, dit Monsieur Prudence, en levant son doigt qu’il partage avec Monsieur Bêtise.

            Mais sa belle phrase passe un peu inaperçue. Yanis a déjà sorti de dessous le canapé une boîte à chaussures remplie de petits soldats de toutes les couleurs et de toutes les époques, et il commence à les installer un peu partout dans la pièce, dans des positions stratégiques. Il y a même un petit dinosaure bleu-vert qui se demande ce qu’il fait là, mais il est réquisitionné comme les autres.

            — On dira que les soldats nous attaquent, lance Yanis.

            — On dira ce qu’on voudra, c’est diablement excitant, rétorque Monsieur Bêtise.

            — Je crois que je vais me laisser prendre au jeu, dit Monsieur Prudence.

            La partie commence. Monsieur Bêtise envoie sa première fléchette se coller sur le bocal du poisson rouge, ce qui le fait beaucoup rire. Yanis en fait autant, ce qui les fait tous les deux beaucoup rire. Alors, c’est au tour de Monsieur Prudence qui ferme un œil pour mieux voir et... toc ! un petit soldat tombe pour de rire.

            Aussitôt la tête pivote et Monsieur Bêtise est prêt à envoyer sa fléchette n’importe où. Le double ami de Yanis tire sans changer son fusil d’épaule. Il suffit que la tête tourne.

            Quand c’est son tour, Monsieur Prudence s’applique tellement pour viser qu’il fait mouche à tous les coups. Il finit très vite par gagner, mais pas assez vite pour empêcher Yanis et Monsieur Bêtise de faire tomber tous les bibelots et de rendre vert de peur le poisson rouge.

            Quand la pièce ressemble à la cale d’un bateau secoué par une tempête, le capitaine Yanis lève la main pour arrêter le combat et évaluer les dégâts. Aille ! aille ! aille ! et sa maman qui a fait le ménage toute la journée, la pauvre !

            Il ramasse un premier soldat sur le parquet, mais Monsieur Bêtise l’arrête en levant une main paresseuse :

            — Non, laisse tout comme ça, c’est pas amusant de ranger.

            Yanis réfléchit. Il a compris que si Monsieur Prudence n’est pas très amusant, il a toujours des bons conseils à donner. Alors, il s’adresse à lui :

            — Qu’est-ce que vous en pensez, Monsieur Prudence ?

            — Je crois qu’il vaut mieux tout ranger, ta maman sera de bonne humeur et on pourra jouer à chamboule-tout la prochaine fois.

            En pensant à “la prochaine fois”, Yanis range si vite tous ses soldats, remet si vite tout en place que la marionette n’a eu que le temps de faire trois petits bonds sur ses jambes de fil de fer.

            Maintenant, Yanis se sent un petit peu fatigué et il est temps pour lui de dire au revoir à ses nouveaux amis. La marionnette semble un peu triste.             

            — Merci à vous, mes amis, c’était super drôle.

            — Merci à toi, Yanis, dit Monsieur Prudence, tu as été é-pa-tant.

            — Et je dirais même mieux, rajoute Monsieur Bêtise, tu as été é-pous-tou-flant.

            — Alors, à demain les amis.

            — Pas de problème, à demain, disent en choeur les deux compères, et la marionnette repasse la porte en dandinant de tous ses ressorts comme si tout cela était très naturel. À peine Yanis a refermé la Porte magique sur son ami aux deux visages que la porte d’entrée s’ouvre. C’est sa maman qui revient du jardin.

            — Tiens, maman, je pensais justement à toi...

            — Moi aussi je pensais à toi et je me demandais si tu ne t’étais pas trop ennuyé.

            — Mais pas du tout. On s’est... euh... je me suis vraiment bien amusé.  

            — Tu sais, j’ai repensé à ta porte, dit sa maman avec un air songeur.

            — Quelle porte, maman ? demande Yanis en faisant semblant d’avoir oublié l’existence de la porte.

            — Tu sais bien, la porte qui ne sert à rien, tu m’en a parlé hier matin.

            — Ah oui, c’est vrai.

            — Je crois que ça pourrait être amusant, quand papa sera rentré, qu’on aille voir ce qu’il y a derrière. Qu’est-ce que tu en penses, mon bichou ?

            — Je crois que ça sera formidable, dit Yanis enchanté, vraiment for-mi-dable.

 

 

 

 

 

FIN



 

 

Par Nyme & Barbouille - Publié dans : Auteurs
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Jeudi 5 octobre 2006

Nyme.

J'avais fait un blog, mais j'ai perdu le mot de passe. Alors je ne peux pas y mettre mes textes.

Pas grave, je vais les coller ici !

     

 

Couleur Clémentine   

 

Clémentine était une petite sorcière très jolie. Elle était née avec des cheveux couleur clémentine, et c’était là l’origine de son prénom. Un très beau prénom. En grandissant, ses cheveux avaient changé de teinte ; ils avaient pris une couleur abricot. Une très belle couleur. Pour certains, tout ça, les clémentines, les abricots, c’est comme les carottes, c’est orange. Pour d’autres, Clémentine avait des cheveux roux, un point c’est tout. Mais la petite sorcière faisait bien la différence, et cette couleur inadéquate la rendait parfois chagrine.

 

 

Clémentine en avait parlé à sa mère. Cette dernière connaissait une potion magique, à base d’herbes, qui change la couleur des cheveux. Malika, la sorcière qui tenait l’épicerie du coin, ouverte tard le soir, en vendait, sous le nom de henné. Beaucoup de sorcières en utilisaient pour réchauffer leurs chevelures de reflets cuivrés. Mais Clémentine aimait la teinte naturelle de sa chevelure, ce roux vif et brillant qui lui valait tant de compliments, et elle ne voulait pas en changer.

 

 

 Clémentine en avait parlé à son père. Ce dernier savait que les grand sorciers de l’état civil avaient le pouvoir de changer les prénoms. Il avait proposé à Clémentine d’écrire une formule magique sur un papier libre, et de l’envoyer aux grands sorciers de l’état civil. Ils pouvaient transformer le nom de Clémentine en Abricotine. Mais Clémentine ne voulait pas peiner ses parents en rejetant le prénom qu’ils lui avaient choisi. De plus elle aimait son prénom, et elle ne voulait pas en changer.

 La jeune sorcière garda donc ses cheveux couleur abricot, son prénom, Clémentine et son humeur parfois chagrine.

 Jusqu’au jour où elle croisa dans le métro une vieille sorcière qui, la voyant tristounette, lui fit compliment de sa belle chevelure couleur abricot. Clémentine eut un vague sourire de remerciement. « Comment t’appelles-tu, mon enfant ? » Lui demanda la dame. « Clémentine. » répondit Clémentine, la gorge nouée. « Ah ! Je comprends ! C’est un très beau prénom ! » La dame était sincèrement navrée et semblait avoir deviné le chagrin de la petite fille. « Moi aussi, je m’appelle Clémentine, et regarde, mes cheveux sont tous blancs ». Clémentine, la jeune, indiqua à Clémentine, la vieille, l’adresse de Malika, qui vendait la potion magique pour avoir des cheveux Clémentine. « A mon age ? Non, merci, j’aime bien mieux mes cheveux blancs. » Alors Clémentine, la jeune, indiqua à Clémentine, la vieille, la possibilité d’un recours aux sorciers de l’état civil. Elle pouvait demander à s’appeler Blanche, par exemple. Ou Neige, ce qui était plus original. Clémentine la vieille refusa d’un bloc « A mon age ? Prendre un autre nom ? Et puis j’aime mon nom. Mais pour toi, il y a peut-être une solution. Je connais une formule qui peut changer pas mal de choses. Bon, c’est une formule interdite, bien sûr. Il ne faudra dire à personne que j’y suis pour quelque chose si tu remarques quoi que ce soit demain matin. Ah ! C’est ici que je descends ! Au revoir, Clémentine ! » Et la vieille Clémentine disparu comme par enchantement.

 

 

Depuis ce jour là, sans qu’on sache pourquoi, les clémentines sont couleur abricot, les abricots prennent en mûrissant une teinte clémentine, et la jeune sorcière Clémentine n’est plus du tout chagrine.

 

 

D’ailleurs la plupart des gens ignorent qu’il en fut un jour autrement.

  

 

 

 

 

 

Un grincement sinistre dans la nuit

 

 

 

 

 

 

 

Quand l’infirmière rentrait chez elle, après les gardes de nuit, ça réveillait son mari. Le grincement strident du portail rouillé. Il se retournait dans son lit en grondant, se rendormait aussitôt. Mais le lendemain, il se plaignait à sa femme. Il projetait de graisser les gonds.

 

 

 

Quand l’infirmière rentrait chez elle, après les gardes de nuit, sa petite fille dormait encore. Alors, pour ne pas la réveiller, elle ouvrait la porte avec mille précautions, traversait le hall à pas feutrés. Elle prenait une douche silencieuse. Puis elle se préparait un café muet, qu’elle buvait sans bruit. Sans cogner les bols, elle dressait la table du petit déjeuner. Petit déjeuner qu’elle prendrait avec sa fille, tout à l’heure. Il lui restait une bonne demi-heure de lutte contre le sommeil, seule, avec le chuintement du poste de radio jaune de la cuisine, volume minimum. Elle attendait le lever de la gamine. Elle tenait à partager ces moments privilégiés. Elle pensait souvent à la chanson « quand ceux qui se couchent tard le soir croisent ceux qui se lèvent tôt le matin… ». Ensuite, ensembles, recroquevillées sur leurs bols respectifs, elles parleraient peu, l’une encore mal réveillée, l’autre déjà presque endormie. De rares fois, la mère avait cédé au sommeil, était allée se coucher, avait finalement mal dormi. L’impression de perdre quelque chose, le sentiment de l’irréparable. 

 

 

 

Quand l’infirmière rentrait chez elle, après les gardes de nuit, sa petite fille faisait semblant de dormir. De son lit, elle entendait le portail du jardin grincer. Elle écoutait les pas rapides, toujours les mêmes, sur les dalles de l’allée, avec un ton différent les jours de pluie. Elle suivait le bruit de la clé tournée, clic, lentement dans la serrure, clac, et la porte ouverte au ralenti. Parfois elle s’endormait avant que la porte ne soit refermée. Parfois c’était en écoutant la musique de la douche ou le crachouillis de la cafetière électrique. Ces dernières minutes de sommeil étaient les meilleures. Elles duraient à la fois trois secondes et huit heures. D’elles, dépendait toute sa nuit. Un léger grattement à la porte : sa mère qui venait la réveiller pour qu’elles partagent le petit déjeuner.

 

 

 

Cette nuit-là, la petite fille n’avait pas entendu le portail grincer. Le silence sinistre la réveilla en sursaut. Elle resta quelques secondes immobile, l’oreille tendue. Aucun bruit. Impossible de dormir. Alors elle se leva, enfila sa robe de chambre et ses pantoufles, et descendit vers la cuisine.

 

 

 

« Maman, tu es là ?

 

― Bien sûr, je suis là. Mais toi, pourquoi es-tu debout si tôt ? Ce n’est pas l’heure encore. Tu aurais pu dormir encore un peu. Tu as fais un cauchemar ? »

 

 

 

La gamine vint se blottir sur le genoux de sa mère. Elle l’enlaça et nicha sa tête au creux de son épaule, comme une toute petite fille qui a besoin d’être consolée. Ça fait plusieurs année qu’elle n’a pas fait ça. Elle murmure :

 

« Je ne savais pas si tu étais revenue. Je n’ai rien entendu quand tu es rentrée.

 

― C’est le portail que tu n’as pas entendu ? C’est normal, il a été huilé hier.

 

― C’est papa qui a fait ça ?

 

― Oui, lui aussi l’entendait. Ça le réveillait à chaque fois.

 

― Il aurait pu m’en parler. Moi, c’est ce qui me permettait de bien dormir ! »

 

La fillette avait dit ça avec colère. Elle repris plus calmement :

 

« Mais, à force, l’huile va partir ? Dans quelque temps, il grincera à nouveau ?

 

― Sans doute. Mais tu vas aussi probablement t’habituer au silence, ma chérie. Et puis je vais peut-être  bientôt changer de service. Je préfèrerais ne plus travailler la nuit, tu sais. Allez, je vais préparer ton chocolat. »

 

 

Par Nyme - Publié dans : Auteurs
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Mercredi 4 octobre 2006
 
Bonjour,
mon nom est donc Bénédicte Carboneill.
Je suis auteur de "La Vache sans Tache" (album )
"Dans mon jardin" ( comptines)
"Le Géant aux grandes Dents" ( album )
parus aux éditions du Pas de l'échelle.
Des extraits sont accessibles sur le site :
ou directement :
En 2 mots : j'écris pour mes enfants, poour mes élèves ( directrice et enseignante de maternelle ) et plus généralement pour les 3-6 ans ...tout en rimes !
Je vais de ce pas m'inscrire à la Newsletter,
 
Bénédicte Carboneill
 
 
Par Barbouille & Pinceau - Publié dans : Auteurs
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