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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /Oct /2006 03:22
Voici une auteur, Vive !


Bon, voici venu le moment de bouger, je vois que les illustrateurs ont posté aujourd’hui leurs illustrations....

Voici donc mes textes, pour que les illustrateurs, à leur tour, voient mon travail...

J’avais posté un texte sur le portail de Ricochet. Il s’agissait de La dame de la forêt, dont voici le début :


Ce matin-là, Perrin-Jean-André-Pierre-et-Paul-Aux-grandes-Oreilles-Du-Petit-Nez, plus simplement appelé Petit Lutin Perrin avait revêtu son bel habit de fête, d’une jolie couleur glace à la vanille et framboise. Il sortit de chez lui de bien belle humeur et entreprit un long voyage à travers la forêt.

En chemin, une petite voix l’appela:

- Où vas-tu si matin, petit lutin ?

Perrin regarda de tous côtés pour trouver d’où provenait cette petite voix flûtée.

- Je suis là ! Sur ton épaule ! siffla la voix.

Il découvrit un papillon couleur tarte au citron meringuée. Ce papillon complétait à merveille son costume, il aimerait bien le voir rester là, pour l’harmonie des couleurs. Il pépia :

- Je vais voir mon amie, la grande dame de la forêt.

- Je ne te crois pas ! Tu es bien trop petit et bien trop laid pour être l’ami de la grande dame de la forêt ! Tu veux te rendre intéressant, voilà tout !

Perrin sentit le rouge lui monter aux joues. De honte, un peu, de colère, beaucoup.

- Trop petit ?!... Trop laid !.... Papillon de malh....

Il chassa le papillon de son épaule. Tant pis pour l’harmonie des couleurs, de plus, Perrin était rouge-fraise-bien-mûre. Il grinça :

- Viens avec moi, tu verras bien si je mens !

- Je veux bien battre des œufs tous les jours de ma vie si TOI, tu es l’ami de la belle dame aux cheveux blonds !

- D’accord. Accompagne-moi et tu verras !

En cheminant, Perrin, rancunier, se taisait, ruminait sa colère. L’autre voletait en cherchant dans sa petite tête de papillon comment casser un silence si pesant. Tout

à coup, il remua les antennes en chantonnant :

- Mais j’y pense !... Je me présente : Camiloutudinof de Rocheplombièrovitch.

Tu peux m’appeler Camilou, c’est plus simple. Soyons amis, veux-tu ?

Sans un mot, Perrin allongea le pas, obligeant Camilou à voler de toute la force de ses petites ailes. Peu après, le papillon, épuisé, souffla :

- Je suis fatigué, lutin Perrin ! Reposons nous ! S’il te plait !....

Perrin était rancunier, pas méchant.

- D’accord ! Arrêtons-nous à l’ombre de ce chêne !

Avec un soupir, Camilou s’assit avec soulagement sur une pierre Celle-ci se mit à trembler. Camilou, surpris, hurla de terreur.

- Qu’as-tu à crier ainsi, Camilou-je-sais-tout !

- Ça bouge !... C’est un... trem..trem....ble..e....ment...de terre !

Perrin se mit à rire :

- C’est une coquille, pas une pierre !

Et il rit plus fort, heureux de pouvoir se moquer à son tour:

-Regarde ! Il a deux antennes, mais il est d’une triste couleur réglisse, quel dommage ! Comment t’appelles-tu, l’escargot ?

De sa belle voix caverneuse, il fredonna :

- Alfrétudinal de Bourguignac, pour vous servir ! Mes amis m’appellent Alfret, c’est bien plus sympathique.

Perrin répondit :

- Décidément, c’est une manie, dans cette forêt, les noms à rallonge !



Il se tut bien vite, car il songea à son véritable nom. Mais il n’en souffla mot . Alfret gargouilla :

- Où allez-vous ? Personne, jamais, ne passe par là ! (...)

Viviane Faudi-Khourdifi , La dame de la forêt (Vive)


Et puis en voici un autre le Royaume de Sanzesse. Celui-ci est paru dans une revue canadienne du nom de Bilboquet. Pour ceux qui suivent le forum, nous en avons parlé avec Catibou, elle avait eu, elle aussi un texte sélectionné. Le début :


Au royaume de Sanzesse, on ne pouvait ni dire, ni faire ce que l’on voulait. Le roi Polochon était très gentil, mais la reine Marguerite, sa femme était affligée d’un défaut de prononciation : elle zozotait. Alors elle avait interdit, dans tout le pays, les mots contenant les sons « s »,  « ch »,  « j » et même « z ».

Une loi fut promulguée dans le pays. On informa toute la population que quiconque prononcerait un mot contenant ces sons se verrait punir très sévèrement.

Quand on se promenait dans la rue et que l’on voyait un beau petit enfant, on ne devait plus dire : « Oh, le joli garçon ! » (que la reine aurait dû dire :oh ! le zoli garsson !) mais : « Oh , le bel enfant ! » De même, le roi ne se faisait plus appeler Polochon, mais Polo. Lorsqu’il arrivait à la cour d’un autre roi, les gens disaient : « Tiens, voilà Polo, qui n’a plus droit au « chon » ! » Il en rougissait de honte, le pauvre.

C’était très difissi…euh, … compliqué car des « s », des « ch », des « j » et des « z », on en trouve un peu partout.

Les enfants s’appelaient Marion, Noé, Emilie ou Adrien, mais surtout pas Zulien, Yassmine ni, horreur ! Zusstine ou Ssarah !

Le roi avait tout essayé pour guérir sa femme. Il lui avait assuré qu’il trouvait très mignonne sa façon de parler, qu’elle faisait son charme. Voyant qu’elle ne le croyait pas, il fit venir les médecins du royaume. Le premier médecin qui vint au chevet de la reine se prénommait Suzan. Le roi lui dit aussitôt de ne pas l’avouer à sa femme. On le présenta donc sous son nom de famille : Docteur Tibiotic. Il voulait prescrire à la reine un sirop, une tisane et des cachets multicolores, en lui disant :

- Vous prendrez un de ces cach…

- Comment ?hurla la reine. Comment pouvez-vous vous permettre de dire un mot interdit ?

- Madame, nous voulions dire…un comprimé ! Oui, voilà : un comprimé, matin, midi…

- Trop tard, le mal est fait ! Dehors

Et on le fit sortir.

Le deuxième médecin fut encore plus vite renvoyé. Il se présenta :

- Sire, mes hommages. Si sa majesté le souhaite…

- Dehors !! hurla-t-elle.

Il eut à peine le temps de récupérer son sac et ses potions qu’il se retrouva sur le trottoir, en réalisant qu’il n’avait prononcé que des mots contenant des sons interdits.

Les autres médecins se gardèrent bien de venir visiter cette malade qui les jetait à la rue comme des malpropres.

Le roi désespérait. Il était de plus en plus triste car Marguerite lui rendait la vie bien pénible. Son amie la fée Orthophonia, ne reçut pas un meilleur accueil. La reine, furieuse refusa de la voir en disant :

-  Nous nous trouvons très bien. Les fées qui n’aiment pas notre mode de vie peuvent bien aller au diable ! 

Et la fée dut repartir sans avoir vu la reine : elle ne pouvait rien faire pour elle sans son consentement.

Dans le pays on parlait peu, car tout le monde avait peur d’utiliser un mot interdit.

Cependant, dans une maison isolée, vivait une pauvre femme. Elle vivait si seule, si loin de tout et de tous qu’elle n’avait jamais entendu parler de la reine et de la loi des « s ». Elle avait deux filles prénommées Suzie et Anastasie. Elles apprirent à parler normalement et jouaient tout le jour avec insouciance.(...)

Viviane Faudi-Khourdifi, Le royaume de Sanzesse



Allez, un petit dernier pour la route ! Pour ceux qui ont tenu le coup jusqu’ici, j’écris aussi pour les adultes. Voici maintenant le début d’une nouvelle qui s’intitule Omathilde.


Assise dans sa cuisine, Mathilde buvait son thé en silence. Un peu d ‘eau avait goutté sur la table. Son doigt suivait machinalement le contour des fleurs de la toile cirée. Elle s’imaginait une vie pleine du rire des enfants de son Martin, devenu un homme. Le sourire ridé de son Hector.

Sur la table, le journal. Un article en pages intérieures : Marguerite et Gérard : « Des époux en or ! Entourés de leurs cinq enfants et de leurs quinze petits enfants… » Elle n’eut pas le courage d’aller plus loin. Une pluie fine coula sur sa joue flétrie. Pourquoi la vie était-elle si injuste ? Elle se souvenait de ses promenades avec son amie Marguerite, quand elles étaient adolescentes. Elles avaient les mêmes rêves. Les mêmes attentes… D’un revers de sa main parcheminée elle balaya la rondelle de thé sur la table.

Mais Mathilde n’était pas amère. Elle l’aimait cette vie qui ne lui avait pas fait de cadeau. Elle aimait…Les poules. Les lapins. Même le coq d’Henri. Les parties de belote. L’odeur des roses. La senteur âcre de la terre chaude après l’averse. Les plaisanteries du gros pharmacien. Le goût du pain qui sort du four. La gelée de mûres qui prend dans la verrine… Des petits bonheurs…

Elle fixa les deux cachets à côté de sa tasse. Un rose, tout rond et brillant. Un blanc, oblong. Il avait pris l’apparence inoffensive d’un bête cachet d’aspirine. Mais Mathilde ne s’y trompait pas : ces deux ennemis la précipiteraient dans la sénilité précoce. Elle n’y voyait plus très bien, mais elle avait tout de même assez de vue pour lire la notice. Tous ces noms à rallonge ne lui disaient rien qui vaille. Aussi, allèrent-ils rejoindre les autres pilules colorées dans une vieille chaussette. Elle gloussa : D’autres gardent leur argent, dans leur bas de laine, moi, c’est les remèdes de toutes les couleurs, ça me rappelle les confettis de mon enfance ! Finalement, elle commençait à avoir une belle collection. Dommage que je ne puisse pas faire des échanges avec Henri, j’ai beaucoup de doubles … Mais lui, il les mange, ce vieux bêta ! Enfin… chacun voit midi à son portail, n’est-ce pas ?

Henri, son voisin, venait une ou deux fois par semaine pour « taper la belote ». Ils buvaient ensemble leur petit Porto accompagné d’une rondelle de citron et de glaçons.

Comme disait toujours Mathilde : c’est le petit Jésus en caleçon de velours ! Mais la dernière fois, elle s’était étonnée que le niveau de la bouteille ait tant baissé.

Jean-Philippe, son neveu, lui avait bien recommandé de prendre ses cachets « sans faute » et elle avait promis. A son âge, elle pouvait bien se permettre un petit mensonge de temps en temps. Depuis plusieurs jours déjà, elle entendait des pas et des voix.


Bon, voilà un petit tour de piste. Pour ceux qui auraient tout lu jusqu’ici et qui aimeraient avoir les textes en entier, je les leur enverrai, il suffira de passer par mon profil, sur le forum Ricochet, c’est avec plaisir que je vous communiquerai la suite  !!

A bientôt !

Viviane Faudi-Khourdifi (Vive)


Par Barbouille & Pinceau - Publié dans : Auteurs
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Commentaires

c'est mignon tout pleins
Commentaire n°1 posté par TELLE le 05/11/2006 à 19h11
c\\\'est mignon tout pleins
Commentaire n°2 posté par TELLE le 05/11/2006 à 19h12
c'est mignon tout pleins
Commentaire n°3 posté par TELLE le 05/11/2006 à 19h12

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